Les petites reines du Puy-de-Dôme

Les petites reines du Puy-de-Dôme

Article issu du n°1720 de Clermont Infos63, du 23 juin au 14 juillet

Spécialisée dans la conception et la fabrication de cycles et de pièces de cycles, la start-up cournonnaise Nova Ride a pris son envol depuis plus d’un an. Tour d’horizon et perspectives de développement avec Paulin Bernard, son fondateur, un ancien élève-ingénieur de Sigma Clermont.


C’est une petite société qui ne paye pas de mine, installée dans un coin tranquille de la zone industrielle de Cournon. C’est là, rue de l’Industrie, que Paulin Bernard a installé le siège de sa jeune start-up. Une centaine de m², pas plus, des bureaux, un show-room et une partie atelier à l’étage. Voilà pour le décor. Si la vie de Nova Ride a officiellement débuté en janvier 2019 en tant que SAS (Société à objet  simplifié),  la  naissance du projet date, elle, de l’automne 2016. Paulin Bernard, alors élève-ingénieur à l’IFMA Clermont (devenue depuis SIGMA : NDLR) lance une micro-entreprise dans le cadre de ses études. La raison ? « Je faisais du triathlon et il y avait la problématique du matériel. Sur mon vélo, je ne pouvais pas monter de roues carbone, faute de moyens. Alors, je me suis penché sur la question et j’ai  décidé  de  créer  ma propre roue », se souvient ce Stéphanois d’origine, sportif dans l’âme.

Épaulé au départ par un camarade  de  prépa,  le duo débute avec trois fois rien, moins de 1000 euros en poche. Mais au fil des mois, la démarche prend de l’épaisseur. Un petit site d’e-commerce est même créé…

« J’ai gagné en parallèle des concours, notamment celui de l’entreprenariat- étudiant où j’ai reçu le prix Michelin.  Grâce  à  l’appui de la Manufacture et de la Chambre de commerce  et  d’industrie  du Puy-de-Dôme,  notamment son vice-président, Stéphane Servantie, on m’a prêté des locaux, un énorme coup de pouce pour moi », remercie aujourd’hui  le  jeune  chef d’entreprise.

En 2017, Paulin Bernard remporte  également  le concours Auverboost, qui récompense chaque année les porteurs de projets originaux. Son cursus d’ingénieur terminé, notre étudiant effectue dans la foulée un Master à l’école de management (IAE) de Clermont-Ferrand  afin de développer des compétences en création et gestion d’entreprise. « Michelin Développement et le Crédit Agricole m’ont suivi.  J’ai  pu  soulever 120.000 euros afin de lancer la société et pouvoir développer les nouvelles pièces. » 

Nova Ride est donc spécialisée dans la conception  et  la  fabrication  de cycles et pièces de cycles. Avec des produits positionnés sur le haut-de-gamme. En s’appuyant pour l’instant sur des composants carbone, elle a développé  cinq  vélos  différents dans différentes gammes : route, gravel, mixte et VTT. « Nous faisons du montage  à  la  carte.  Nous avons créé un configurateur en ligne où chacun peut venir personnaliser son vélo que ce soit au niveau de la taille du cadre, e la couleur, des roues ou encore de la transmission », détaille Paulin Bernard.

Ces vélos s’adressent plutôt aux sportifs qui font de la compétition et aux amateurs de petite reine qui aiment le beau matériel. Pour les vélos de route, la fourchette de prix varie entre 2.000 et 5.000 euros, pour un poids allant de 6,8 kg à 8 kg.

Si le chef d’entreprise est pour l’instant seul au sein de la société, il s’appuie tout  de  même  sur  deux alternants pour la partie communication/réseaux sociaux  et  ventes,  ainsi que sur des stagiaires ingénieurs pour la partie recherche et développement.

Car Nova Ride ne manque pas d’ambition et travaille déjà sur l’avenir. Depuis plusieurs mois, la société  s’est  lancée  dans  un défi majeur : développer une nouvelle gamme de pièces en titane issues de l’impression 3D.

« L’objectif est de se démarquer  de  ce  que  font les grandes marques de cycles. Cela n’existe pas encore  dans  le  monde, excepté  dans  l’industrie aéronautique et l’aérospatiale. C’est une démarche qui reste chère et pointue. Elle  est  encore  entre  le stade de la recherche et la production en série », analyse l’ingénieur.

Les avantages du titane ? «  Le  premier  des  avantages,  c’est  le  gain  de poids. Mais l’on peut noter aussi la solidité, le design et l’aérodynamisme. » Nova  Ride  doit  finaliser une batterie de tests dynamiques pour valider ces nouvelles pièces. Elle le fera  chez  Cetim,  un  laboratoire  basé  à  Saint- Étienne, spécialisé dans les tests mécaniques et l’expertise. Mais cela a un coût. Important. Outre une nouvelle aide spécifique de la Région, elle lancera également dans la foulée une campagne de crowd-funding sur Internet pour l’aider à financer ces investissements. 

« L’objectif est de proposer ensuite nos vélos avec des pièces en titane, à la fin de l’année si tout se passe bien », espère Paulin Bernard.

Article de Clermont Infos63 disponible en PDF.   Nova Ride, les petites reines du Puy-de-Dôme en page 4 : Cliquez ici